« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, et priez pour ceux qui vous persécutent »

Un monastère, des cris, des enfants. Une grande pureté. Des femmes qui avaient choisi la maternité spirituelle et qui se retrouvent confrontées à la maternité physique. Des femmes, que le Christ s’était choisies pour épouses, et que la violence des hommes, en cet après-guerre polonais, a arraché à leur vie donnée pour lui. Voilà le thème, houleux et complexe, traité avec douceur et subtilité par Anne Fontaine dans son dernier film, Les Innocentes.

 

Malgré quelques infidélités aux faits s’étant réellement produits en 1945, le film regarde, comme à travers un voile, le drame qui a marqué la vie de 21 religieuses bénédictines polonaises. Plus qu’un film historique, il s’agit de retracer le combat de foi, d’acceptation au-delà de l’acceptable, de ces femmes qui se retrouvent enceintes. Comment concilient-elles leur vœu de chasteté avec la vie naissante dans leur sein ? Comment ont-elles pu survivre à cette épreuve ? Mathilde Beaulieu, infirmière athée communiste, interprétée par une Lou de Laâge splendide de délicatesse, découvre dans ce couvent bénédictin la valeur d’une foi mise à l’épreuve, le prix du sacrifice accepté, l’acte de foi que Dieu sait, que Dieu peut, que Dieu est.

 

Anne Fontaine a su faire preuve d’une grande pudeur, et l’on ne peut que pleurer de compassion (du latin cum-patere : souffrir avec). Rien n’est de trop, alors que ces événements reflètent l’horreur. Rien n’est violent, alors que tout n’a été que violence. Rien n’est montré, alors que tout a été vécu. Les actrices polonaises Agata Buzek et Agata Kulesza, sont bouleversantes de vérité dans leurs rôles de sœurs responsables, cherchant, pour le meilleur et pour le pire, le bien des sœurs que l’Église leur a confiées. Avec des conséquences parfois dramatiques, parfois mystiques, ces mères de l’humanité apprennent à découvrir la vie qui germe en elle. Je ne crois pas qu’il y ait grand chose à ajouter sur l’héroïcité de ces femmes qui sont comme les icônes de ce que tant de femmes, consacrées ou non, vivent aujourd’hui dans tant de pays en guerre. Rien, à part cette question posée dans un souffle de Lou de Laâge : « Aucune d’elles n’a perdu la foi ? »

 

Tàrà Polderman – Contributrice CYI

 

Photo : Pixabay

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