Il faut un Bond du cinéma

Il me tarde d’être le 26 octobre. Je suis à Londres pour mon premier semestre d’échange à l’étranger. Ici, c’est le 26 Octobre que sort le nouveau James Bond.

 

Pour la quatrième fois consécutive, nous retrouvons Daniel Craig dans la peau du plus célèbre agent secret du monde. Depuis, Casino Royal dans lequel Daniel Craig prenait la suite de Pierce Brosnan adoré par les spectateurs, l’acteur nous a offert une interprétation de plus en plus riche du personnage de Ian Fleming. D’abord très violent dans Casino Royal et Quantum of Solace, Daniel Craig interpréta un James Bond plus attachant et plus profond avec Skyfall dans lequel le spectateur en découvre un peu plus sur l’enfance du héros. L’acteur pourtant plus petit que ses prédécesseurs et premier James Bond blond de la série, a réussi à conquérir son public en incarnant un nouveau visage de l’espion.

 

C’est aussi que Daniel Craig est bien entouré. En 2006, Martin Campbell choisit d’accentuer le coté cru que Lee Tamahori avait parfaitement mis en scène 4 ans plus tôt. Quand en 2008 Marc Foster reprend le flambeau, le spectateur découvre des scènes d’actions éblouissantes, et des jeux de lumières dont la maitrise sera absolue sous la réalisation de Sam Mendes dans Skyfall, à qui l’on a confié James Bond Spectre, et ce n’est pas un hasard.

 

Que d’enthousiasme à la sortie de tels succès. Pourtant, malgré cet entrain, le milieu du cinéma et notamment des grosses productions a quelques soucis à se faire. Les montants investis dans les superproductions américaines sont de plus en plus importants, sans que le succès soit au rendez-vous. Le spectateur est noyé sous les effets spéciaux, les explosions et la graphique chiadée des images sublimées par la technologie IMAX de nos salles de cinéma. Souvenez-vous de “After Earth” qui avait rapporté 59 millions de dollars pour les 130 millions investis. Ou encore de Pacific Rim, qui repose pourtant sur de bonnes idées, qui avait ramassé 72 millions de dollars après 180 millions investis. Steven Spielberg avait vu juste quand il avait prédit en juin 2013 qu’il y allait avoir « une grosse crise » du système actuel de production. « Il va y avoir une implosion quand trois, quatre, voire six films à gros budget vont faire un four ».

 

Ces chiffres reflètent l’essoufflement d’un modèle appliqué depuis quelques années par certains gros studios de productions. A vouloir toucher le public le plus large possible, les maisons de production simplifient l’intrigue à outrance et multiplient les scènes d’actions à fort budget. C’est ainsi que les films perdent leur substance sacrifié sur l’autel de la rentabilité. Chacune produit plusieurs films et espère décrocher “dans le lot” un succès à la Iron Man.

 

Remarquons que beaucoup de films de tous genres font beaucoup mieux avec des sommes de départ bien plus faible. A titre d’exemple, Jason Blum, réalisateur de “Paranormal activity” ou encore “Insidious”, parie lui sur des films à petits budgets (5 millions d’euros pour le premier et pour le deuxième) mais qui rapporte de 10 à 40 fois plus. En effet, produire à petit budget dans un milieu où 10 millions ne représentent que très peu, permet aux réalisateurs d’affirmer le genre qui leur est propre. Quand le risque est moins grand, le réalisateur peut se permettre de “tenter” certaines choses.

 

Où sont passés les “Cinema Paradiso” ou “La rumeur” où l’intrigue vous prenaient aux tripes ? Je refuse de croire que ce talent à disparu chez nos réalisateurs. En France, d’ailleurs, nous avons connu quelques grands succès comme “Intouchable” ou “Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu”.

 

En attendant la sortie d’autres succès, je prendrais mon James Bond au shaker, pas à la cuillère et espère de tout cœur que le savoir-faire des réalisateurs de grosses productions géniaux continuera à nous offrir de beaux moments. Je vous laisse apprécier l’un des trailers de celui grâce à qui l’on sait qu’on peut se battre sans froisser son costume 😉

 

 

Photo : James Bond Trademarks

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Bond#Films

http://www.jeanmarcmorandini.com/article-307861-hollywood-les-flops-de-plusieurs-grosses-productions-font-douter-des-competences-des-grands-studios.html

A propos Quentin Batany

Étudiant(e) (ESCP Europe)

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