La microfinance, un outil complexe

Associer le mot « crise » à l’année 2007, chacun pensera quasi automatiquement à la crise des subprimes, qui éclata cette année-là. Cette crise a conduit à la crise financière de 2008 – 2010, déclenchée en septembre par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. Mais alors que le monde avait les yeux rivés sur cette crise, la plus grave depuis celle de 1929, une crise profonde frappait, bien loin de Wall Street, un secteur qui a connu son heure de gloire dans les années 2000 : celui de la microfinance. En réalité, il est plus juste de parler d’une série de crises plutôt que d’une crise, comme le recommande la synthèse du séminaire d’Epargne Sans Frontière organisé en décembre 2013[1]. Cette vision s’explique par la grande hétérogénéité qui règne dans le secteur de la microfinance. Mais avant de revenir sur ces crises, il convient de bien comprendre ce qu’est la microfinance. Car si elle a fait l’objet d’un intérêt croissant au fil des années, la microfinance reste obscure ou, du moins, mal comprise par une majorité de personnes.

 

Pourquoi la microfinance ?

 

Commençons par le commencement, c’est-à-dire par la définition de la microfinance. La microfinance a pour but de fournir aux personnes qui sont exclues du système bancaire traditionnel des services financiers de proximité. Le service le plus connu que propose la microfinance est sans conteste le microcrédit. Le plus souvent, il répond aux besoins de financement des entrepreneurs du secteur informel. Ces derniers n’obtiennent pas de crédit de la part des banques classiques du fait du faible montant demandé et de l’informalité de leur activité. La microfinance apporte une solution à ces personnes. Il est important de comprendre que le microcrédit permet non pas de financer des investissements (comme ça peut être le cas en France) mais de financer l’achat de matière première. Les clients de la microfinance sont souvent des petits commerçants, des vendeurs de rue ou des artisans. 80% des clients de la microfinance sont des femmes.

 

Le besoin est conséquent : en 2014, encore 2 milliards d’adultes (personnes ayant plus de 15 ans) n’avaient pas de compte bancaire[2]. Comment expliquer ce chiffre ? Les causes de l’exclusion bancaire sont multiples. La première a déjà été évoquée et est d’ordre économique : les personnes travaillant dans le secteur informel (secteur souvent prépondérant dans les pays en développement) ont des revenus faibles et irréguliers. Toutes les transactions se font en monnaie, il n’y a pas de fiche de paie, de traçabilité. Or, c’est le premier élément sur lequel se fondent souvent les banques. Par ailleurs, les micro-entrepreneurs n’ont souvent aucune garantie. Il y a également des raisons d’ordre géographique : certaines régions sont trop reculées ou trop dangereuses. Mais la principale barrière demeure le coût engendré par le microcrédit pour les banques traditionnelles. Les coûts liés l’octroi du prêt sont trop importants en comparaison du montant du prêt. Pour faire simple, il est plus rentable de prêter une fois 1 000 euros plutôt que d’octroyer 10 prêts de 100 euros si le coût d’octroi d’un prêt est de 50 euros.

 

Certes, des gens n’ont pas accès aux services financiers. Mais en ont-ils vraiment besoin ? Pour certains, la microfinance satisfait un besoin créé de toute pièce et n’est qu’un moyen de gagner de l’argent sur le dos de personnes vulnérables. Plusieurs éléments permettent de répondre à cette critique. Tout d’abord, il convient de rappeler un des rôles fondamentaux de la finance : se couvrir contre le risque. Or, les clients de la microfinance sont confrontés à de multiples risques : revenus irréguliers souvent sujets aux aléas climatiques, politiques, … Tout le monde épargne en prévision de mauvais jour mais, sans accès aux banques, il n’est pas simple d’épargner en toute sécurité. Par ailleurs, si les clients de la microfinance n’avaient vraiment pas besoin de microcrédits, ils n’emprunteraient pas auprès d’usuriers.

 

Le fonctionnement de la microfinance

 

La microfinance pourrait s’appeler plus simplement la microbanque (cela éviterait un certain nombre de confusions d’ailleurs). Au lieu d’avoir des banques, la microfinance a des institutions de microfinance (IMF). Ce sont les IMF qui rendent les services de microfinance. La structure des IMF est proche de celle des banques classiques (voir schéma ci-dessous).

 

 

Il convient de mettre en avant le rôle essentiel que l’agent de crédit joue en microfinance. En effet, les agents de crédit sont directement en contact avec les clients. Ce sont eux qui s’occupent de monter les dossiers de crédit et de collecter les remboursements. Les agents de crédit sont l’interface entre l’IMF et les clients.

Aujourd’hui, il y a environ 10 000 institutions de microfinance dans le monde. Dans un souci de transparence, un peu plus de 1 000 IMF partagent leurs informations sur une plateforme dédiée, le MIX Market. La plupart des données que nous utilisons proviennent du MIX Market. En 2014, le portefeuille de prêt total des IMF présentes sur le MIX Market était de 89 milliards de dollars. Derrière le terme générique IMF, se cache encore une fois une grande hétérogénéité tant au niveau de la structure que de la taille. Certaines IMF ont le statut d’ONG, d’autres celui d’institutions financières non bancaires. Quelques IMF se voient accorder une licence bancaire. Cette hétérogénéité pose un problème du point de vue de la régulation du secteur de la microfinance. La taille des IMF est également très variable : le portefeuille de crédit peut être supérieur au milliard de dollars comme être de quelques dizaines de milliers de dollars.

 

Comment la microfinance a réussi à proposer des prêts malgré les contraintes exposées plus haut ? Elle a su créer des produits tenant compte des caractéristiques de ses clients et trouver des solutions innovantes. Un premier problème soulevé était l’absence de garantie. Le professeur Yunus, célèbre fondateur de la Grameen Bank et souvent reconnu comme le père de la microfinance, a trouvé une solution : la méthodologie du crédit solidaire. Le principe est simple (voir schéma ci-dessous) : le crédit est octroyé à un groupe dont chaque membre est solidaire des autres, c’est-à-dire que si l’un ne rembourse pas, les autres doivent le faire à sa place.

 

 

Chaque membre est incité à rembourser correctement pour ne pas être rejeté du groupe et donc continuer à bénéficier de prêts. Une solution a également été trouvée pour pallier au manque d’informations sur les emprunteurs. Puisque le microcrédit est principalement destiné à l’achat de matières premières, les clients empruntent à chaque cycle de production. Le montant du prêt accordé à chaque cycle est croissant si l’emprunteur a bien remboursé les cycles précédents. Le montant moyen du microcrédit dans le monde est de 718 $ en 2014[3]. Derrière cette moyenne, se cachent d’importants écarts selon les régions. Ainsi, le montant moyen des microcrédits aux microentreprises était de 325 $ en Afrique et de 191 $ en Asie du Sud (Inde, Pakistan, Bangladesh, Népal, …) contre 1 269 $ en Amérique Latine[4].

Il est important de ne pas confondre microfinance et microcrédit, ce dernier n’étant qu’un des services de la microfinance. Certaines institutions de microfinance proposent des produits d’épargne, d’autres des systèmes de micro-assurance. Par ailleurs, certaines IMF proposent depuis plusieurs années déjà des solutions de mobile banking. Toutefois, il convient de préciser que l’épargne et l’assurance restent souvent des éléments liés à l’octroi d’un prêt (épargne obligatoire qui sert de garantie ou assurance contre le décès de l’emprunteur) plus que des produits à part entière.

 

Si les banques traditionnelles n’ont pas pénétré le marché actuellement couvert par la microfinance, c’est en raison des coûts engendrés. La microfinance consomme beaucoup de main d’œuvre entre l’analyse du dossier de crédit, le décaissement et le remboursement perçu le plus en cash. Un agent de crédit gère en moyenne 200 clients (là encore, la moyenne est très variable selon les régions). Pour couvrir ses coûts importants et sachant que le montant moyen des prêts est faible (il est aisé « d’amortir » le coût d’un prêt si son montant est important), le taux d’intérêt moyen en microfinance est de 31%[5]. Ce taux paraît élevé mais compte tenu des contraintes, il est difficile de faire autrement. Pour mieux le comprendre, il est intéressant de décomposer le taux d’intérêt.

 

 

Deux éléments principaux ressortent du graphique voir ci-dessus) : 60% du taux d’intérêt s’explique par les frais d’exploitation et la marge nette pour l’IMF n’est que de 2,6%, ce qui reste raisonnable. La polémique actuelle qui entoure le taux d’intérêt pratiqué en microfinance n’a pas lieu d’être car elle ne s’intéresse qu’à une partie de l’équation. En effet, le taux d’intérêt pour l’emprunteur est le coût de son prêt. Comme l’expliquait Jean-Michel Servet (auteur du Banquier aux pieds nus) lors de la dernière édition du forum Rise Up!, « un taux d’intérêt de 100% n’est pas choquant si l’emprunteur gagne 500% ». Aussi, malgré certaines idées reçues, les taux d’intérêt pratiqués en microfinance sont soutenables pour beaucoup de micro-entrepreneurs. Cependant, les marges, selon les secteurs d’activité, sont très fluctuantes, ce dont les IMF tiennent finalement assez peu compte.

 

La microfinance, une équation difficile à résoudre

 

Si la polémique sur les taux d’intérêt est si forte, c’est aussi parce que la microfinance a toujours eu un objectif social. L’idée est de permettre aux personnes de développer leur activité pour améliorer leurs conditions de vie. En parallèle, la microfinance a toujours essayé d’être autosuffisant sur le plan financier. Aussi, au cœur même de la microfinance, il y la recherche perpétuelle d’un équilibre entre le financier et le social. Chaque IMF veut assurer sa viabilité financière tout en accomplissant sa mission sociale. Il n’est pas anodin que le professeur Yunus ait beaucoup mis en avant le concept de Social Business. La mission sociale d’une IMF peut être la réduction de la pauvreté, le développement de l’agriculture, permettre l’accès à des services financiers à des populations discriminées, …

 

Il est aisé de voir si une IMF remplit ses objectifs financiers : il suffit de regarder ses documents comptables. Il est, par contre, beaucoup plus difficile de mesurer les réalisations sur le plan social. De façon plus générale, il est même compliqué de savoir ce qui est entendue par social. Depuis plusieurs années, il est question pour les IMF de performance financière et de performance sociale. La performance sociale est définie par la Social Performance Task Force (SPTF) comme « la mise en pratique efficace de la mission sociale d’une institution conformément à des valeurs sociales reconnues ». Il est important de souligner le travail réalisé par la SPTF, qui permet de rendre concrète la performance sociale. La SPTF a également déterminé les normes universelles de la performance sociale, qui se déclinent en 6 dimensions. Ce qui est intéressant quand on regarde en détails ces 6 dimensions, c’est qu’on se rend compte que la performance sociale ne s’oppose pas frontalement à la performance financière mais plutôt qu’elles sont complémentaires. Par exemple, proposer des prêts qui prennent en compte les caractéristiques des clients cible renforce le succès commercial d’une IMF or il s’agit d’un élément de performance sociale.

 

Pourquoi ce long passage sur la performance sociale ? Au tout début de l’article, étaient évoquées les crises traversées par la microfinance depuis quelques années. Ces crises ont eu lieu dans différents pays : Maroc (2009), Nicaragua, Inde (2010), … Du fait de l’hétérogénéité de la microfinance, ces crises ont toutes des causes différentes. Toutefois, il existe un dénominateur commun : un manque d’intérêt pour la performance sociale. Si les professionnels de la microfinance ne s’étaient pas trop éloignés des bonnes pratiques de la performance sociale, beaucoup des crises auraient pu être évitées ou du moins être moins limitées. Il est possible d’analyser les crises à travers le travail de la SPTF. Prenons, par exemple, la crise de la microfinance au Maroc : la principale cause de cette crise est l’endettement parallèle des clients[6]. 40% des clients de la microfinance avaient contracté des prêts auprès de 2 à 5 IMF différentes[7]. La prévention du surendettement est un élément clé de la quatrième dimension (« Traiter les clients de manière responsable »). De même, la crise de la microfinance au Nicaragua due en partie à une uniformisation des produits proposés par les IMF[8] aurait eu moins d’impact si les professionnels de la microfinance avaient tenu compte de la troisième dimension (« Concevoir des produits, services, modèles de prestations et canaux de distribution qui répondent aux besoins et préférences des clients »). L’uniformisation des produits est une critique récurrente. Trop d’IMF se sont appuyées sur la même recette (méthodologie du crédit solidaire, …) qu’importe les caractéristiques et les besoins des clients. Du fait de de la précarité des clients de la microfinance, il est essentiel que le microcrédit soit adapté.

 

De nombreux défis à relever

 

Les crises de la microfinance ont eu l’effet bénéfique de conduire à une remise en question du secteur. Il y a eu une véritable prise de conscience sans pour autant que tout soit remis en cause. Les défis à relever dans le secteur de la microfinance sont légion, les lister mériterait un article entier. Aussi, le but de cette dernière partie n’est pas d’être exhaustif mais de s’intéresser à 3 défis majeurs.

 

Le premier vient d’être évoqué assez longuement : l’importance de la performance sociale. La performance sociale englobe de très nombreux aspects : suivi des objectifs sociaux, compréhension et prise en compte des besoins et caractéristiques des clients, formation des employés, transparence de la tarification, alignement des objectifs, … Les évolutions en matière de performance sociale sont globalement positives. De nombreux initiatives ont vu le jour :

  • La Social Performance Task Force qui a déjà été évoquée ;
  • The Smart Campaign qui a mis au point les principes de protection des clients ;
  • L’association CERISE qui a créé le SPI4, un outil d’audit social ;
  • MF Transparency (qui a malheureusement cessé ses activités) qui a œuvré pour une tarification transparente.

Cette dernière initiative est particulièrement intéressante. J’évoquais plus haut le faux problème du taux d’intérêt en microfinance. MF Transparency s’attaquait au véritable problème : la non-transparence de la tarification. Car le client en microfinance ne paie pas qu’un taux d’intérêt le plus souvent, il paie aussi des frais de dossiers, des commissions, … Tous ces éléments viennent renchérir le coût du microcrédit et ne sont pas présentés clairement au client qui sait pas ce qu’il va payer. MF Transparency a œuvré par une tarification transparente en mettant au point des outils et grâce à des études. Le chemin est encore long mais il faut se féliciter des progrès réalisés.

 

Selon une étude de responsAbility[9], un des principaux gestionnaires d’actifs au monde dans le domaine du développement, sur les 10 000 IMF qui existent dans le monde, seulement 500 ont la structure adaptée pour recevoir des investissements. Leur première caractéristique est d’être « économiquement autonome ». Or, seulement 10 à 15% des IMF sont rentables aujourd’hui. La viabilité financière est donc un deuxième enjeu majeur pour la microfinance. Le sujet est assez complexe car beaucoup de facteurs entrent en jeu : la concurrence, la qualité du management, la régulation, la zone d’intervention (rural ou urbain), … Toutefois, une piste intéressante a été étudiée par responsAbility[10] : l’efficacité. Des gains en efficacité permettent de réduire les frais d’exploitation, qui sont la principale composante du taux d’intérêt. Le gain est double : moins de coût pour les IMF et un taux d’intérêt plus faible pour les emprunteurs.

 

Le dernier défi que je souhaitais mettre en avant est celui de la transition entre le secteur de la microfinance et le secteur bancaire classique. Aujourd’hui, cette transition est quasi-inexistante, il n’y a quasiment pas de communication entre les deux secteurs. Il faut accompagner le client de la microfinance vers les banques traditionnelles s’il correspond aux critères de ces dernières. Cela permettra aux IMF de servir des clients qui ont vraiment besoin de services de microfinance. Il est vrai que la frontière devient de plus en plus flou avec notamment des banques traditionnelles qui commencent à proposer des services de microfinance.

 

Au fil de l’article, un mot est revenu très fréquemment : « hétérogénéité ». Trop souvent, la microfinance est résumée à son concept. Ce résumé masque la très grande diversité de la microfinance. Cela explique l’aspect décousu, papillonnant et parfois simplificateur de l’article. Mais l’hétérogénéité de la microfinance la rend encore plus intéressante. Enfin, il y a beaucoup de choses qui auraient pu/dû être évoquées, comme le défi de la microfinance rurale, mais il a fallu faire un choix pour que l’article garde une certaine cohérence.

Depuis de nombreuses années, il existe un débat sur l’impact de la microfinance. L’objectif de cet article n’est pas d’y apporter une réponse. Il y a toujours eu une incompréhension sur ce qu’était la microfinance : c’est un outil. Mal utilisé, il ne fait pas de doute qu’il peut causer des dégâts. Mais, il ne faut pas oublier que de nombreuses expériences de microfinance ont réussi. Plutôt que de se demander si la microfinance est bonne ou mauvaise, il faut regarder ce qui a fait son succès dans certains cas et son échec dans d’autres, afin de mieux maitriser cet outil si complexe mais puissant.

 

Photo : Peter Haden – Flickr (licence)

 

Notes :

[1] D’après « La crise de la microfinance : crise de maturité ou d’un modèle de financement ? », Synthèse du Séminaire d’Epargne Sans Frontière et du projet Microfinance in crisis – Décembre 2013 – cairn.info

[2] D’après le Global Findex – 2014 – World Bank

[3] D’après le Baromètre 2016 de la Microfinance – Convergences

[4] D’après le Global Outreach & Financial Performance Benchmark Report – 2014 – MIX Market

[5] D’après « L’efficacité, clé pour l’obtention de taux d’intérêts plus faibles dans la microfinance » – Mars 2014 – Research Insight – responsAbility

[6] D’après « La crise de la microfinance : crise de maturité ou d’un modèle de financement ? », Synthèse du Séminaire d’Epargne Sans Frontière et du projet Microfinance in crisis – Décembre 2013 – cairn.info et « Ce que la crise marocaine peut nous apprendre » – Nadine Chehabe & Alice Nègre – août 2013 – CGAP

[7] D’après une étude privée de l’IFC et le rapport annuel 2010 de la Banque centrale du Maroc (note issue du document « Ce que la crise marocaine peut nous apprendre » – voir note précédente)

[8] D’après « La crise de la microfinance : crise de maturité ou d’un modèle de financement ? », Synthèse du Séminaire d’Epargne Sans Frontière et du projet Microfinance in crisis – Décembre 2013 – cairn.info

[9] D’après Microfinance Market Outlook 2014 – responsAbility

[10] D’après « L’efficacité, clé pour l’obtention de taux d’intérêts plus faibles dans la microfinance » – Research Insight – Mars 2014 – responsAbility

A propos Adrien Dorel

Fondateur de Claim Your Ideas - Etudiant à l'EDHEC & membre de Develop EDHEC Social Business

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