Les entreprises internet doivent s’engager dans la voie de l’éthique (2ème partie)

Si vous n’avez pas encore lu la première partie : Les entreprises internet doivent s’engager dans la voie de l’éthique (1ère partie)

 

Les travers des entreprises internet sont nombreux

 

Internet doit être soumis à la loi

 

C’est en partie par loi que l’éthique pourrait se concrétiser. Internet doit respecter les droits fondamentaux. Les entreprises devraient faire en sorte de respecter la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1948 dont l’article 1 «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »  Bien que la déclaration des droits de l’homme soit parfois critiquée car jugée trop occidentale, elle constitue cependant un cadre de référence pour la paix, la justice et la liberté. De nombreuses lois existent en France à propos des entreprises et d’internet mais l’Etat peine à les appliquer et des divergences de vues existent entre le monde des entreprises sur internet et le monde politique.

 

Evoluer sur internet ne décharge pas les entreprises de leurs responsabilités

 

La plupart des entreprises quand elles vont se lancer et prospérer sur internet vont peut-être avoir tendance à penser qu’elles abandonnent leurs responsabilités quand elles se connectent. C’est se fourvoyer. Un seul clic peut avoir des conséquences sur le monde réel. En un clic, un contenu peut être diffusé et potentiellement vu par des milliards de personnes. Selon Levinas, le visage est l’expressif d’autrui qui renvoie a la responsabilité totale. En contemplant un visage sans défense, dénudé et offert, on réalise qu’on doit répondre de tous les autres. Internet est un moyen de communication tellement proche mais qui ne livre pas autrui de la même façon que dans la vie réelle.  On ne peut contempler totalement un visage, croiser le regard et avoir conscience de notre responsabilité. Dans un registre différent, les militaires américains qui tuent des cibles à distance au moyen de drones ne peuvent évaluer de la même façon leurs actes que des militaires sur le terrain. Cet exemple est utilisé pour signifier que le non-respect de l’éthique peut avoir des conséquences bien plus importantes que ce qui peut apparaître à première vue.

 

Les données ne sont pas assez protégées

 

La protection des données n’est pas assez efficiente. Cela passe par la protection des mots de passe. 87% des acteurs e-commerce acceptent encore des mots de passe «basiques» comme «123456» ou «motdepasse» qui sont les premiers que les pirates informatiques vont essayer (étude de Dashlane. janvier 2014). Il faut aussi compter les entreprises qui utilisent les données personnelles des internautes pour les utiliser commercialement même si la loi encadre rigoureusement cette pratique. Avec le développement des nouvelles technologies telles le Cloud Computing  ou la géolocalisation, l’interrogation sur la protection des données est nécessaire.

Parfois, laisser son adresse email à certains sites entraîne l’envoi de certains mails publicitaires. Il nous est devenu commun de revoir des dizaines de courriers de diverses entreprises par jour mais si une personne agissait de la sorte, on s’empresserait de porter plainte pour harcèlement.

 

Les entreprises internet, malgré parfois une certaine volonté d’agir, peinent à empêcher la mise en ligne de contenus inappropriés

 

La grande liberté présente sur le net et la difficulté d’appliquer des législations nationales permettent la diffusion de contenus allant à l’encontre des lois et valeurs de nombreux Etats. Il est ainsi fréquent de voir sur les réseaux sociaux diffuser des images à caractères sexuelles, racistes, antisémites ou faisant l’apologie de la violence. De nombreuses internautes s’élèvent contre le réseau social Facebook pour protester, malgré la présence  des standards de la communauté, contre la mauvaise application de ces standards. Certains fustigent la préférence de Facebook pour la violence à la nudité et et le fait que les signalements de contenus peinent à être supprimés par l’équipe Facebook. Ainsi des vidéos d’appels Djihadistes circulent toujours sur Facebook malgré les signalements.

Le problème des contenus immoraux ou illégaux est particulièrement crucial quand il concerne les enfants et les adolescents.  La volonté de les protéger est faible. Quand ils n’hébergent pas du contenu néfaste pour les enfants, les réseaux sociaux sont de manière générale peu enclins à prendre des mesures fortes. Prenons par exemple la sécurité parentale, les obstacles pour accéder à internet sont peu efficaces.  Si l’on prend Youtube, la charte communautaire nous informe que leurs équipes travaille 24h par jour pour enlever les contenus incorrects pourtant les même vidéos indécentes apparaissent jour après jour, mois après mois sans être retirées. Il faut en conclure que des moyens considérables doivent être mis.

 

Les entreprises internet privilégient pour beaucoup la rapidité à l’exactitude

 

L’éthique passe aussi par la recherche de la vérité. Dans le cas des réseaux sociaux, ce qui compte pour une entreprise le plus souvent est sa capacité à se propager sur les interfaces, sa viralité. Les réseaux sociaux  prennent peu en compte la notion de véracité. Les entreprises telles Buzzfeed sur Facebook (10 millions de visites par mois) ou Topito diffusent des contenus très souvent inexacts voire complètement faux.

Les sites d’information, dans une moindre mesure, diffusent de nombreuses informations erronées ou peu réfléchies. 50% des répondants lisant plus de 15 minutes le New York times version internet le trouvent en moyenne pas tout à fait digne de confiance et environ 20 % pas exact selon une étude de buron speakman Print and Online journalism de janvier 2011.

Pour attirer la concurrence, il y aussi l’utilisation de mailing et d’affichage de publicités parfois en fonction des recherches de l’internaute. Des propositions sont faites à ces internautes. On rencontre un problème similaire avec les entreprises non spécialisées sur internet. Les entreprises délivrent encore trop de propositions trompeuses parfois légales mais qu’on nommerait dans le langage courant mensonges par omission. Bien qu’une seule expérience ne peut faire une théorie, j’ai cliqué sur la première publicité que j’ai trouvée. C’était une annonce de la compagnie aérienne Opodo annonçant des billets dès 95 euros* pour un vol Paris – Alger, je me dirige sur le site, on m’annonce finalement que le billet coute 177 euros sans compter l’ajout de bagages ni l’assurance. Cette expérience montre une chose qui est encore trop fréquent sur internet. Ils ne sont pas dans l’illégalité, ils voilent seulement la vérité. Comme internet a une expansion rapide, on a l’impression, justifiée, qu’il faut à tout prix communiquer peu importe la véracité. Le fait que beaucoup d’actions se déroulent sous l’anonymat encourage ce comportement.

 

Les droits d’auteurs est la source de nombreux conflits et débats

 

Le droit d’auteur est un des sujets d’éthique qui a été le plus abordé pour parler des problèmes d’internet. Le fait que les législations, selon les pays, soient différentes pose un problème. En effet par exemple, en France il est interdit de mettre en ligne sans avoir les droits l’ouvrage numérique « le petit Prince » d’Antoine de Saint Exupery alors qu’en Belgique il est possible de le télécharger et de le diffuser gratuitement . Selon Gerard Haas, avocat et spécialiste en droit intellectuel, «  internet …est une poudrière ».

 

Avec l’instantanéité, les entreprises peuvent avoir tendance à empiéter sur le temps de repos des salariés

 

Les salariés doivent être, de nos jours, plus que jamais disponibles que ce soit chez eux pour certains via le mail, lors de leurs déplacements ou au travail où en plus de leurs taches, peu de temps leur est laissés pour répondre aux mails.

 

Jean Rosset – Contributeur CYI

 

Photo : fancycrave1 – Pixabay

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