No limits for a young world, une soirée enrichissante

Chaque année depuis 2007, se tient à Lille le World Forum for a Responsible Economy, dont le but est de « faire progresse l’Economie Responsable en valorisant les bonnes pratiques d’entreprises ». Lors de l’édition 2015 (20 au 22 octobre), les organisateurs ont proposé une soirée spéciale pour les 18 – 30 ans : No limits for a young world. Durant cette soirée, 10 projets d’entreprises ou d’associations de partout dans le monde ont été présentés par leurs créateurs. L’objectif était bien de montrer qu’il n’y avait pas de limites à l’entreprenariat. Retour sur cet évènement a tenu toutes ses promesses.

 

Arthur Zang en guest star

 

Il était le plus connu des entrepreneurs présents, certains d’entre vous le connaissent peut-être d’ailleurs. Arthur Zang est un ingénieur sénégalais, qui a mis au point la première tablette médicale permettant de faire des diagnostics à distance en cardiologie. Son projet ne facilite pas seulement le diagnostic médical, il répond surtout à une nécessité au Sénégal : les cardiologues sont trop peu nombreux et concentrés dans les grandes villes. Sa solution va donc sauver la vie d’un grand nombre de personnes.

Cardiopad - Himore Medical
Cardiopad – Himore Medical

L’exemple d’Arthur Zang est particulièrement intéressant : n’ayant pas toutes les connaissances nécessaires pour créer la tablette, il suit le programme d’enseignement à distance gratuit d’une université indienne (Internet ne sert donc pas qu’à regarder des vidéos de chat). Comme la plupart des autres entrepreneurs présents, il n’a pas seulement présenté son projet mais a aussi partagé son expérience en tant qu’entrepreneur. Alors que naturellement beaucoup de gens ont peur de se lancer dans un projet tant qu’ils n’ont pas une idée clairement définie, Arthur Zang a expliqué que son projet n’a pas cessé d’évoluer et qu’il est important de se lancer.

 

Beaucoup d’exemples de pépinières

 

La soirée n’a pas seulement mis en valeur des entrepreneurs comme Arthur Zang mais aussi des associations dont le but est de promouvoir l’entrepreneuriat. Ainsi, nous avons pu découvrir jokkolabs, une communauté d’entrepreneurs qui veulent favoriser l’innovation. Leur but est de développer l’entrepreneuriat social et l’innovation technologique en mettant notamment à disposition des espaces de coworking dans 4 pays (Sénégal, Mali, Burkina Faso et France).

 

Aux Philippines, la Ferme Enchantée est un projet de développement de villages et un incubateur de petites entreprises pour rendre le village viable économiquement. Construire des villages ne sert à rien si les gens ne sont pas en mesure de pouvoir y vivre ensuite faute de travail. Ce beau projet nous a été illustré à l’aide de GoldenducK, une entreprise issue de l’incubateur de la Ferme Enchantée. La petite structure, créée par Mario Alvaro Benitez, cherche à développer la filière du canard aux Philippines. Ces deux pépinières réalisent un travail exceptionnel : elles valorisent le talent des jeunes entrepreneurs et permet de développer l’innovation dans les pays du Sud. Lors d’une autre conférence au World Forum Lille, deux dirigeants de sociétés pétrolières de Pays du Golfe se lamentaient qu’il n’y ait pas plus d’innovation dans leurs pays, malgré tout l’argent qu’ils ont.

 

La soirée No limits for a young world ne s’est pas bornée à nous présenter seulement des projets issus des pays du Sud et a fait disparaitre ces barrières que sont les frontières. Le monde est comme un « village planétaire » disait Marshall McLuhan. Ainsi, nous avons découvert l’Esplanade, qui est un « espace collaboratif » au Québec. Le but est le même que celui de jokkolabs : développer des projets à visée sociale et contribuer à l’innovation technologique.

 

L’omniprésente question de l’énergie

 

Selon Jeremy Rifkin, une révolution industrielle est le fruit de deux éléments inséparables : une technologie et une source d’énergie. Aujourd’hui, nous possédons la technologie avec les NTIC mais le défi énergétique est toujours présent. Notre modèle est toujours le modèle énergétique de la deuxième révolution industrielle (pétrole, nucléaire, …). Plusieurs projets présentés ont pour objectif de répondre à la problématique énergétique. Par exemple, Station Energy permet à des villages reculés d’Afrique subsaharienne d’accéder à l’énergie. L’entreprise crée tout un réseau de micro-infrastructures alimentées par l’énergie solaire : chambre froide, boutiques, … Station Energy permet notamment aux agriculteurs de limiter les pertes agricoles. En effet, en Afrique, faute de moyen approprié de conservation, une partie relativement importante de la récolte peut être perdue.

 

La problématique de la gestion des déchets a également été largement abordée durant la soirée avec la présentation de deux projets. Le premier est un projet marocain, Energy For All, qui transforme les déchets issus de l’agriculture en biogaz. Pour l’instant, l’entreprise développe des petites stations, qui coutent une quarantaine d’euros, pour un usage domestique. Ce projet permet de répondre à la fois au problème de la gestion des déchets mais aussi à celui de la transition énergétique. A Cotonou, Aihonnou Franco a développé une plateforme participative éco-citoyenne, Ecoville, qui encourage les comportements eco-citoyens avec un système de récompenses (une bonne action = des points = des réductions chez des commerçants partenaires).

 

Un coup de cœur : Dare2Impact

 

Tous les projets présentés avaient quelque chose de spécial mais celui-là est celui qui m’a le plus marqué. Dare2Impact est un organisme sans but lucratif franco-canadien, qui a développé un outil de mesure d’impact adapté aux entrepreneurs sociaux. Ce projet vise à améliorer la viabilité économique de l’entreprenariat social. Aujourd’hui, il y a une étape que doivent franchir l’entrepreneuriat social et le social business : c’est celle de s’inscrire durablement dans le paysage économique et de convaincre le reste des acteurs de la pertinence de ce nouveau modèle. Or quoi de mieux qu’une mesure d’impact pour convaincre les sceptiques et pour améliorer l’efficacité. Certes, toute mesure d’impact est fonction des critères choisis lors de la création de l’outil de mesure mais il permet aux entrepreneurs sociaux de parler le même langage que le reste des acteurs. Dare2Impact va d’ailleurs tester son outil en se rendant dans différents pays pour mesurer l’impact d’entrepreneur, ce qui va certainement permettre de l’améliorer.

 

Ce petit résumé de cette soirée n’est pas exhaustif : il n’évoque pas le projet de Thomas Knox dont le but est de faire se rencontrer des gens dans le métro new-yorkais ou celui de Jérémie Nguyen qui permet à 1500 élèves bangladeshis d’avoir accès à des soins et à l’enseignement grâce aux surplus de la marque Okaïdi. No limits for a young world est le genre de soirées qui vous rendent optimiste, enthousiaste pour l’avenir et qui donne l’envie de vous engager. C’est cet enthousiasme et cet envie de devenir acteur que je souhaitais vous faire partager avec ce court aperçu de cette riche soirée !

 

Tous les projets sont consultables sur : http://www.nolimits2015.org/fr/submissions

 

Photo : World Forum for a Responsible Economy – No limits for a young world

A propos Adrien Dorel

Fondateur de Claim Your Ideas - Etudiant à l'EDHEC & membre de Develop EDHEC Social Business

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