Nous n’avions pas de mots…

Il est rare, qu’à Claim Your Ideas, nous n’ayons pas les mots pour parler de quelque chose. Analyser, expliquer, expliciter ou simplement faire connaitre. Autant de verbes qui sont les missions de CYI. Mais cette fois, il n’est pas facile de trouver les mots justes, d’avoir une analyse pertinente. Il est encore plus dur de faire le travail de recherche nécessaire pour écrire un article. Pourtant, il n’était pas envisageable de pas écrire car écrire, c’est notre moyen de résister à nous. Aussi, cet article est dédié à toutes les victimes des attentats du vendredi 13 novembre mais aussi aux forces de l’ordre qui font tout pour assurer notre sécurité, aux secouristes et aux pompiers qui sont intervenus.

 

Un drôle de samedi

 

Si j’ai su qu’il y avait eu des attentats dès le vendredi soir, je n’ai pu prendre pleinement conscience de la situation que le samedi matin. Je restais sans mot après avoir consulté les pages internet des grands quotidiens français. Je n’arriverai jamais à comprendre comment on peut commettre de tels actes. Pour des raisons personnelles, je devais me rendre à Paris le dimanche matin. C’est la première fois que je voyais des gares quasi-vides. Le train pour Paris était lui aussi dépeuplé. L’ambiance était si particulière. C’est comme si le monde avait arrêté de tourner pendant une journée.

 

Depuis plusieurs semaines, j’essaie d’écrire un article sur Albert Camus. En lisant des articles sur les attentats, un mot m’est directement venu à l’esprit : l’Absurde. C’est le mot qui me semblait le meilleur pour décrire la situation. L’émotion ressentie en France (et dans le monde entier) a été d’autant plus forte que nous avons tous ressenti ce caractère absurde. Tuer des innocents pour dénoncer la guerre, n’est-ce pas absurde ? Massacrer des gens parce qu’ils ont eu le malheur d’être là où les terroristes avaient décidé de frapper, n’est-ce pas absurde ? Tout le monde s’est posé la question : pourquoi eux ? Il n’y a rien qui met plus mal à l’aise l’homme que le hasard. Or, vendredi, les 129 morts ont été victimes de ce hasard et de la barbarie.

 

Dimanche : Rendre hommage

 

Heureusement, le dimanche a été le négatif de samedi. La vie a repris ses droits. Mieux, le monde entier a réaffirmé son droit de vivre par de nombreux rassemblements. Chacun a voulu rendre hommage à son façon : se rendre sur les lieux des attentats pour rendre hommage aux victimes, participer à des rassemblements, se promener pour se réapproprier ce droit de vivre, écrire, … Ce fut un moment libérateur et qui a permis non pas d’oublier ce qui s’était passé mais d’exprimer ce qui compte pour nous en ce moment difficile.

 

Le combat des images

 

Beaucoup se sont insurgés que certaines chaines de télévision diffuse des images des corps. Je ne reviendrais pas sur ce problème épineux pour la presse de la diffusion ou non de certaines images (cela mériterait un article). Aujourd’hui, il est quasi impossible d’échapper à ces images : que ce soit sur les réseaux sociaux, à la télévision, elles sont partout. Ces images provoquent chez n’importe qui un mal être insoutenable. Elles sont d’une puissance indescriptible, le « fameux choc » des images. Comme pour contrer, balayer ce qu’on a pu voir ou entendre, de nouvelles images sont apparues : monuments ou stades éclairés aux couleurs de la France un peu partout dans le monde, minute de silence, hommage dans le monde du sport, dessins, … Toutes ces images agrégées offraient un message puissant : celui de la solidarité, de la compassion. Un message qui venait surtout s’opposer au message de vendredi.

 

Demain ?

 

C’est la grande question qui se pose maintenant : et demain ? Que va-t-il se passer ? De nouvelles attaques ? De nouvelles mesures anti-terroristes ? Que faire ? Il n’est pas facile de répondre à toutes ces questions. Pourtant, il faudra y répondre. Comme le dit Grand Corps Malade, « un pays blessé peut être intelligent ». C’est tout l’enjeu des jours, semaines à venir. C’est un moment décisif où il faudra que chacun soit plus « intelligent » que jamais. Le contexte international n’est pas simple, les élections régionales (et tout ce que ça comporte de jeu politique) sont proches, une bonne partie des français se posent la question de l’identité au moment de la crise des migrants (qu’est-ce qu’être français, sommes-nous européens). Autant d’éléments qui ne vont pas faciliter, le dur travail qui attend les français, les européens et de façon plus générale le monde entier.

 

Mais, après le recueillement et la solidarité, vient le temps nécessaire de la réflexion et de l’action.

 

Adrien Dorel – Fondateur de Claim Your Ideas

 

Photo : Unsplash – Pixabay

A propos Adrien Dorel

Fondateur de Claim Your Ideas - Etudiant à l'EDHEC & membre de Develop EDHEC Social Business

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