Qui ?

Le départ de Christiane Taubira de la place Vendôme a confirmé les craintes d’une partie de la gauche : le gouvernement se déplace peu à peu vers le centre, voire la droite.

Ainsi, c’est toute l’aile gauche du PS qui semble se détacher du gouvernement de François Hollande. Celui-ci semble loin des valeurs socialistes traditionnelles et, que ce soit par la nécessité de la situation ou dans l’optique des prochaines élections, flirte doucement avec les idées que l’on peut historiquement qualifier de droite.

Ainsi, on peut citer les politiques assez libérales prônées par les Ministres de l’Economie et du Travail. Il y a également une certaine restriction des Libertés publiques qui entre dans le champ du Droit commun, dans un but de sécurité. On se souvient de la loi sur le renseignement de mars 2015.

Cette tendance est confirmée par la nouvelle annonce par Jean-Jacques Urvoas d’un projet de loi de réforme de la procédure pénale, proposant de tolérer les perquisitions de nuit et permet de garder à vue sans avocat pendant 4 heures en cas de terrorisme.

Il est difficile d’envisager un deuxième mandat pour François Hollande, dont la côte de popularité est retombée comme un soufflé.

Même au Parlement, différents députés s’illustrent pour défendre ou fustiger le projet de réforme constitutionnelle, débattant de son utilité ou de sa qualité, qu’ils soient de droite comme de gauche.

 

Ainsi, même chez les Républicains, la confusion et la division semblent être de mise.

 

Concernant la confusion, Nicolas Sarkozy approuve publiquement le projet de déchéance de nationalité et reprend à son compte les idées de « camp de déradicalisation » pourtant envisagés depuis 2014. Il se détache alors de son aile centriste.

Dans son dernier passage à l’émission d’infotainment « Des paroles et des actes », il s’affranchit d’une partie de son électorat en réaffirmant sa volonté de « ne pas démarier » les mariages homosexuels. Ce n’était pas le cas en novembre 2014.

Sur quels votes compte-t-il s’appuyer ? Pense-t-il avoir déjà perdu l’électorat de la droite conservatrice au profit d’autres candidats ?

Au profit du Front National ?

Quant à la division, si elle est pressentie, à propos d’Alain Juppé ou de Jean-François Copé, le récent désaveu d’Estrosi, pourtant lieutenant de longue date, qui affirme que « La présidentielle se gagnera vers le centre », finit d’enfoncer le clou.

 

Par ailleurs, dans cette même émission, un intervenant affirmait motiver son vote FN par le désir d’une alternative aux deux précédentes majorités.

Cependant, la mise en accusation de la famille Le Pen pourrait bouleverser une partie de l’électorat « de personnalité », classiquement à droite, qui préfère voter pour une personne plutôt qu’un parti. Le Front National pourrait-il tenir si sa Présidente se voyait frappée d’inéligibilité ?

 

Le champ politique français, qui pouvait déjà sembler quelque peu troublé, devient tout à fait flou.

 

Un quotidien britannique utilisait la longue carrière de Laurent Fabius au service de l’Etat pour illustrer la longévité des hommes politiques.

Une exigence de renouvellement se fait pourtant sentir. Les dissensions internes des partis français et l’exemple des nouveaux partis espagnols « Podemos » et « Ciudadanos » mettent en exergue la fragilité des partis politique, de leurs « chefs de file » et vient confirmer cette attente de rajeunissement de la classe politique.

 

JR – Nouveau contributeur CYI

 

Photo : Tonio Vega – Flickr

A propos Contributeur CYI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *