Refuseras-tu ?

C’est la citation publiée la semaine dernière qui inspirera ma réflexion d’aujourd’hui. Laissez moi vous la partager à nouveau :

 

Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne.

 

Oui, Thomas Merton disait vrai. Chaque être humain qui pousse son dernier soupir doit autant me toucher que s’il était mon frère de chair et de sang. Je suis récemment tombée par hasard sur la page du gouvernement américain listant les exécutions à venir : le souffle m’a manqué. Tout à coup il me semblait que chacune de ces vies promises à la mort était intimement liée à ma propre vie, et que leur départ me heurtait autant que s’ils avaient été pour moi un frère, une sœur, une mère. Parce que nous faisons tous partie de la même famille, celle de l’humanité. Quel droit aurais-je d’être indifférente au sort de quelqu’un qui souffre, où qu’il soit, et quel qu’il soit ? Est-ce que chaque homme sur cette terre n’a pas le droit à toute ma compassion ?

 

Je voudrais maintenant vous partager les cris qui s’échappent de ma conscience et de mon cœur en ce début d’année. Je demande pardon à ceux qui pourraient être troublés, ou offensés à la lecture de ces mots. J’espère simplement que ceux qui les liront en ressortiront avec ne serait-ce qu’une ligne pour les guider un peu au long de cette année 2016, cette année de bienfaits qui s’annonce.

Oui, c’était l’évangile de ce dimanche, cette année est « une année de bienfaits proclamée par le Seigneur. » Aujourd’hui ces paroles s’accomplissent. Dans votre vie, dans la mienne. Aujourd’hui. Non pas demain, ni hier. Mais bien aujourd’hui.Ces questions, mon cœur me les pose à longueur de journées. Je suis loin d’avoir fini d’y répondre. Elles s’adressent aujourd’hui à vous tous.

 

Refuseras-tu de mettre l’amour avant toute chose ?

Refuseras-tu de pardonner à ton frère ?

Refuseras-tu de reconnaître que, s’il t’a blessé, ton rejet de lui te blesse encore bien davantage ?

Refuseras-tu d’admettre que tu ne sais pas tout ? Que tu ne peux pas tout ?

Refuseras-tu d’ouvrir la porte de ton cœur à celui qui en a tant besoin ?

Refuseras-tu d’attendre celui qui est un peu en retard ?

Refuseras-tu de reconnaître que, bien plus que certains sont handicapés physiques, tu es handicapé du cœur ?

Refuseras-tu de faire surabonder le bien là où le mal a abondé ?

Refuseras-tu d’être emmené plus loin que tes propres limites ?

Refuseras-tu de te laisser guider par plus grand que toi, sous prétexte d’autonomie ?

Refuseras-tu d’être pardonné ? Refuseras-tu de te pardonner cette faute qui te colle au cœur ?

Refuseras-tu d’être vraiment aimé, vraiment guéri ?

Refuseras-tu l’amour qui ne demande qu’à t’aimer ?

Refuseras-tu la lumière qui ne demande qu’à t’éclairer ?

 

Je voudrais que nous regardions les personnes qui nous entourent. Et que nous ne voyions en elles que la dignité et l’humanité qui les habitent. Cessons de voir toujours les erreurs, de se souvenir de ces moments désagréables qui entachent leur réputation depuis trop longtemps. Priez pour moi qui suis la première à ne pas suivre mes conseils. Cessons d’aimer faussement. Cessons de refuser le pardon d’autrui, et surtout osons admettre notre part d’erreur, sans jamais oublier que notre dignité est plus grande que nos fautes. Cessons de passer sans les voir devant ces SDF, simples êtres humains comme nous mais ayant eu moins de chance que nous, et dont la seule faute est de n’avoir « pas même une pierre où reposer la tête ». Cessons cette course à celui qui sera le plus indifférent de tous, et osons voir la beauté, la bonté, mais aussi la souffrance de tous ceux qui nous entourent.

 

Refuserez vous ?

 

Tàrà Polderman – Contributrice CYI

 

Photo : Pixabay

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