Un bilan de 2015 en 26 lettres – Deuxième partie

Chose promise, chose due ! Voici la suite et fin de ce bilan de 2015 avec les lettres de M à Z.

M comme Maduro

 

Décidément, ce bilan est maudit : les deux parties commencent par de bien  mauvaises nouvelles. La situation du Venezuela  continue de se détériorer à la fois économiquement (inflation record, absence de croissance) mais aussi politiquement (opposition systématiquement réprimée). Nicolas Maduro, le successeur d’Hugo Chavez, ne cesse de faire l’autruche et de s’enfermer dans des discours aberrants où il explique que les opposants à son parti ne sont que des « traitres ». En réalité, il est le seul responsable (avec les hauts dignitaires du régime), incapable de réformer un système qui n’a plus de sens depuis la mort de Chavez. Un changement de cap est absolument nécessaire en 2016 car la situation n’est plus tenable.

 

N comme Nash

 

Il ne faisait pas bon de s’appeler Nash en 2015 avec la mort de John Nash, le mathématicien et prix Nobel d’économie 1994, et la retraite de Steve Nash, double MVP de la NBA. Deux génies dans leur domaine ! John a révolutionné l’économie moderne avec la théorie des jeux, qui invalide le postulat d’Adam Smith selon lequel l’intérêt privé concourt toujours à l’intérêt général. Un film, Un homme d’exception de Ron Howard avec Russel Crow, retrace la vie tumultueuse de ce génie. Dans un autre domaine, plus sportif certes, Steve a lui aussi laissé une empreinte indélébile. Le meneur canadien a régalé les fans des Dallas Mavericks et des Phoenix Suns (un peu moins ceux des Lakers, je vous l’accorde) grâce à ses passes incroyables. A n’en pas douter le meilleur meneur des années 2000 ! Pour le plaisir des yeux :

 

O comme Ombre

 

2015 a permis de lever un peu le voile d’ombre sur les activités douteuses des entreprises et des hommes politiques. En ce sens, 2015 est une bonne année. Tapez « provision pour litige » suivi du nom d’une banque et vous trouverez de nombreux articles annonçant la hausse de ces provisions en 2015. Si le phénomène n’est pas nouveau (les provisions pour litige ont fortement progressé depuis 2008), il tend à s’amplifier. Pourquoi s’en réjouir ? Parce que cela montre que les entreprises doivent payer pour leurs comportements frauduleux. La corruption reste un problème pour de nombreuses démocraties, il suffit juste de regarder les journaux espagnols ou d’Amérique du Sud pour se rendre compte à quel point elle peut être présente. Mais, dans ce domaine-là aussi, des progrès sont faits. Encore une fois, il faut se féliciter des procès qui se tiennent dans ces pays et de la lutte pour la transparence.

 

P comme Paysage Politique

 

Malgré les élections présidentielles américaines en novembre prochain, 2015 n’a pas à rougir en termes d’élections à fort enjeu. En effet, entre les élections législatives en Espagne, en Grèce et en Grande-Bretagne et les élections régionales en France, l’actualité politique a été riche. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces élections ont apporté un vent de nouveauté sans pour autant complétement bousculé l’ordre déjà établi (hormis dans le cas grec). Certes, le FN, Ciudadanos, Podemos ou encore Ukip ont réalisé de très bons scores mais le parti Conservateur, les Républicains et le Parti Populaire ont réussi (à des degrés très différents) à se maintenir en tête.

 

Q comme Quantitative Easing

 

Cette année, la vraie star, c’était lui ! Oui, « Super Mario » a encore enfilé son costume de sauveur. Non, je ne parle pas de Mario Balotelli ou de Mario Götze. Je parle de Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne. Il avait déjà fait sensation en juillet 2012 lors d’une conférence de presse où il avait déclaré que la BCE était prête à tout pour sauver l’euro (« the ECB is ready to do whatever it takes to preserve the euro »). Si cette seule phrase avait suffi à détendre les marchés, elle n’avait pas pour autant permis d’améliorer durablement la situation de la zone euro. En 2015, Mario Draghi n’a pas hésité à sortir le « bazooka » pour lutter contre la déflation qui pointait le bout de son nez en Europe et pour soulager les finances des Etats. Avec un plan d’assouplissement quantitatif de 1100 milliards d’euros qui s’étale jusqu’en septembre 2016, l’italien n’a pas déçu les marchés et a offert un peu de répit aux gouvernements. Depuis quelques semaines, il veut s’attaquer à la question de la croissance. Définitivement, l’homme de 2015, en attendant 2016…

Pour aller plus loin sur ce thème : Le QE, l’arme fatale ?

 

R comme Russie

 

La Russie n’a pas fait parler d’elle que pour le scandale de dopage en athlétisme (voir première partie du bilan), elle a surtout fait parler d’elle pour ses positions diplomatiques et pour les choix de son président, Vladimir Poutine. Dans un contexte international particulièrement tendu, le pays des Tsars a été très agressif, peut-être trop d’ailleurs au vu des nombreuses tensions qu’ont provoqué les décisions russes. La situation entre la Russie et la Turquie ainsi que la relation entre les Etats-Unis et la Russie seront à suivre de près en 2016.

 

S comme Sport

 

Chaque année, il y a des faits sportifs marquants. En parlant de sport, je pique un peu le travail de CYI-Sport. Mais comment ne pas évoquer le sacre d’Usain Bolt, le triomphe des Golden States Warriors ou le départ de Sébastien Loeb de chez Citroën ? Le problème avec le sport, c’est qu’une fois qu’on a commencé à en parler, cela peut durer des heures. Je préfère donc m’arrêter ici et vous donner un lien vers les (excellents) Tops 5 réalisés par l’équipe de CYI-Sport de peur d’ennuyer certains d’entre vous.

Pour découvrir les Tops 5 de 2015 de l’équipe de CYI-Sport : cliquez ici

 

T comme Trump

 

Ce fut le tube de l’été aux Etats-Unis : Donald Trump, l’excentrique milliardaire, candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2016. A coup de grandes déclarations et de petites phrases, Trump commence à se détacher assez nettement dans les sondages. Alors que les Républicains avaient construit leur succès lors des Midterms sur une campagne parfaitement maitrisée et sans scandales, celui qui a promis de dépenser au moins 2 millions de dollars par semaine pour sa campagne provoque scandales sur scandales avec des prises de position très tranchées. 2016 sera l’année de l’affrontement entre Donald Trump et Hillary Clinton, qui devrait logiquement représenter les démocrates (si elle n’est pas incontestée au sein du parti, la concurrence est très faible). Mais plus que tout, cette nouvelle année sera décisive pour l’avenir des Etats-Unis, qui doivent décider de la direction à donner à leur pays après 8 ans de présidence Obama.

Pour aller plus loin sur les Midterms et la présidence Obama : #SOTU

 

U comme UBER

 

J’évoquais à l’instant les scandales provoqués par Donald Trump, UBER a aussi fait scandale en 2015, notamment en France. La guerre entre les taxis et les VTC aura animé 2015 et a conduit à des scènes surréalistes. On assiste en fait à l’affrontement de deux modèles, celui d’UBER ou d’AirBnb contre le modèle en place. Le débat n’est pas réglé et continue d’agiter professionnels, utilisateurs et Etats.

Pour aller plus loin sur ce thème : Le beurre et l’argent d’UBER ?

 

V comme Volkswagen

 

Décidément, on quitte un scandale pour un autre… Le 23 septembre 2015 restera à jamais gravé dans l’histoire de Volkswagen. Ce jour-là a éclaté le plus gros scandale depuis le scandale Toyota aux Etats-Unis (le groupe nippon avait dû rappeler de nombreux véhicules en 2010). Le constructeur automobile allemand a installé des dispositifs sur les véhicules du groupe pour qu’ils puissent passer les tests environnementaux sans pour autant respecter les normes en question. Le tollé a été général et les conséquences sont douloureuses pour le groupe basé à Wolfsburg. Outre la démission de son PDG, Martin Winterkorn, le constructeur va devoir rappeler des millions de véhicules et payer des amendes record.

Pour aller plus loin sur ce thème : Que retenir du scandale Volkswagen ?

 

W comme Web

 

On ne parlera pas de tous les buzzs de 2015 qu’on a pu voir sur les réseaux sociaux mais bel et bien des réseaux sociaux en eux-mêmes, qui ont connu des destins très différents. Si beaucoup s’interrogeait sur le modèle économique de Facebook, 2015 aura su les convaincre de la viabilité du réseau social créé par Mark Zuckerberg. Par ailleurs, les initiatives du site suite aux attentats de Paris ont été largement saluées. A l’inverse, Twitter a connu une année très compliquée avec notamment le départ de son patron. Aujourd’hui, beaucoup d’analystes s’interrogent sur le modèle de Twitter et sur la survie de l’oiseau bleu. C’est amusant, ça me rappelle quelque chose… Twitter connaitra-t-il le même succès que Facebook ? Réponse dans les années à venir…

 

X comme Xénophobie

 

Trouver un mot commençant par « x » n’est jamais simple. A mon grand regret, celui qui collait le mieux à 2015 était « xénophobie ». Malheureusement, il n’y a pas un seul jour où la xénophobie ne semble gagner du terrain. Et ce dans le monde entier… La situation se détériore particulièrement en Hongrie et en Pologne. Selon un rapport de la Commission Européenne contre le racisme et l’intolérance (publié en juin 2015), des propos antisémites, racistes ou homophobes sont de plus en plus tenus, sans que cela ne soit choquant. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres et c’est bien le problème !

 

Y comme Yuan

 

Année pour le moins étonnante pour la monnaie chinoise, qui semble être dans une phase de transition. La Chine n’en a pas encore fini avec les dévaluations du yuan. Certes, les dévaluations qui ont eu lieu au cours de l’été ne sont pas illogiques car l’économie chinoise montre des signes de faiblesses. Toutefois, l’ampleur de ces dévaluations interpelle. Dans le même temps, la Chine pousse pour que le yuan devienne une véritable monnaie internationale. Non seulement, le FMI a intégré le yuan dans la composition des Droits de Tirage Spéciaux (10,92%), mais la monnaie chinoise va également devenir une des monnaies officielles au Zimbabwe. Signe qu’il faut désormais compter avec le yuan !

 

Z comme Zone Euro

 

Si vous avez lu les lettres G, J ou Q, vous aurez compris qu’une fois plus la zone euro a fait parler d’elle en 2015 et que ce n’est pas terminé. Mais pourquoi en reparler pour conclure ce bilan ? Parce que je voulais terminer par une ouverture sur 2016 et que la zone euro a beaucoup à faire en 2016. Il n’y a plus de temps à perdre. Il ne faut pas que la frilosité des dirigeants européens continue d’entamer la crédibilité de la zone euro. Il faut poursuivre les réformes afin de transformer la zone euro en une zone monétaire optimale (faire ce qui n’a pas été fait avant, diront les sceptiques) et accepter un hair-cut de la dette grecque (on ne peut éviter l’inévitable). 2016 peut être une année pivot en Europe, une année où les pays arrêtent de subir et deviennent acteur ! C’est peut-être un vœu pieux mais c’est mon vœu pour cette nouvelle année…

 

Photo : falco – Pixabay

A propos Adrien Dorel

Fondateur de Claim Your Ideas - Etudiant à l'EDHEC & membre de Develop EDHEC Social Business

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