Un remaniement cynique et rétrograde

Eh bien ? C’est tout ?

 

L’ambitieux Fabius se fait « Sage » du Conseil constitutionnel. Qui est promu à sa place ? Un dénommé Jean-Marc Ayrault, connu du public pour les couacs à répétition de son gouvernement (anticipation de la censure de la loi sur le logement social par le Conseil Constitutionnel en 2012, crise de Florange…). Que représente-t-il ? Les parlementaires du PS ou une gauche social-démocrate qui n’a jamais vraiment existé en France ? Pour preuve, Michel Rocard, icône de la Nouvelle Gauche des années 90, avait été laminé par François Mitterrand, et personne se réclamant d’une obédience proche ne s’est imposé nationalement dans les urnes jusqu’aujourd’hui. Jean-Marc Ayrault, par sa bonhomie et son socialisme bon ton, est seulement le représentant d’une gauche que le gouvernement s’échine à reconquérir, celle qui croyait en François Hollande en 2012. Problème, cette gauche n’existe plus, elle s’est perdue dans sa pseudo-pluralité. C’est d’ailleurs fou que l’on puisse parler de gauche du réel et de gauche radicale à l’occasion de l’actuel débat sur la loi El Khomri. Comment peut-on voter pour des gens qui ne prendraient pas en compte le réel ? Est-ce à dire que l’autre gauche aurait perdu foi en le progrès promis depuis des lustres par le Parti Socialiste ?

 

Emmanuel Macron, adulé des Français parce qu’il détonne et qu’il a plus réformé en quelques mois que la droite en quelques années, est rétrogradé dans l’ordre protocolaire. Par Emmanuel Cosse, fameuse pour les échecs à répétition d’EELV depuis 2012. Et pourquoi ce mouvement ? Jalousie de François Hollande, de Manuel Valls ? On ne sait. On sait en tout cas que le pouvoir craint la guillotine, qu’il craint pour ses privilèges, qu’il craint que le peuple affirme sa souveraineté. Ah, ma douce France… On te jette de la poudre aux yeux. On pense que tu n’as pas saisi, que tu n’as pas compris les changements immenses qui s’annonçaient dans le monde. Mon cher peuple, ma belle France, vous jouerez le premier rôle dans les années et décennies qui suivent.

 

On pense pouvoir vous berner par de la politique politicienne : on donne des gages aux Verts, on donne des gages à l’aile gauche socialiste (bien que cela ne lui suffise pas, comme le montrent les bougons « aubryistes »)… Mais quels gages donne-t-on aux Français ? Et dire que depuis 2014 on affirmait vouloir faire preuve de cohérence, et ne pas dévier de la ligne Macron-Valls… Finalement, on fait reposer la situation de la France sur des féodalités. On veut s’assurer de la loyauté de barons et de leurs troupes en leur conférant de nouveaux pouvoirs et privilèges. En oubliant que beaucoup peuvent tourner casaque au moment venu, affaiblissant pendant ce temps notre gouvernance.

 

La France n’a pas besoin de revivre les grandes batailles idéologiques du passé, les affrontements binaires. 80 % des Français réclament plus de pragmatisme, selon la dernière étude de l’institut Sociovison[1]. La France n’a pas à subir à ce point les aléas de la bataille politicienne. La France a besoin de clarté, de confiance et de valeurs réaffirmées. Elle a besoin d’une confrontation de projets réalisables appuyés sur un socle de valeurs. Je rêve d’un dirigeant puissant et réformateur, qui rénoverait consciencieusement notre pays et lui redonnerait confiance, tout ça sans trembler. En somme, un dirigeant bien différent du nôtre.

 

Photo : © REUTERS/Gonzalo Fuentes

 

Source :

[1] http://www.lesechos.fr/week-end/business-story/enquetes/021721060754-6-signes-que-les-francais-decrochent-de-la-politique-1203203.php

A propos Sacha Bianovici

Etudiant à l'EDHEC Business School. Passionné d'histoire, de politique, d'économie, et de voyages.

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